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APPEL À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

APPEL À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

1 лютого 2011 р.

Nous attirons votre attention sur la situation en Ukraine et espérons en votre soutien.

Notre pays est devenu une arène de violations systémiques des droits et des libertés civils et politiques que commet le Ministère de l’Intérieur de l’Ukraine contre des citoyens ukrainiens. Cela se traduit aussi bien par des poursuites absurdes contre les participants de récentes manifestations des entrepreneurs ukrainiens sous prétexte de l’endommagement du revêtement de la Place de l’Indépendance (Maïdan) où était installé le camp des protestataires ; ou par des saisies des matériaux de travail, des ordinateurs et des autres moyens de travail des écrivains et des journalistes pour des motifs fallacieux ; ou par l’engagement de poursuites pénales totalement injustifiées pour accuser de terrorisme ceux qui auraient endommagé le buste de Staline érigé à Zaporijjia.

Et notamment, nous voudrions attirer l’attention de la communauté internationale sur les poursuites des membres de l’Association panukrainienne Stepan BANDERA. Il s’agit d’une organisation patriotique qui a revendiqué la responsabilité pour l’endommagement d’un buste de Staline à Zaporijjia. Ce monument a été érigé par des membres du parti communiste ukrainien sur un terrain privé malgré les protestations de la part de la société civile. Des militants du mouvement Tryzoub ont décapité ce buste.

La police les a inculpés au titre de l’article 296 du Code pénal de l’Ukraine (Hooliganisme) et a interpellé plusieurs militants du mouvement Tryzoub dans diverses villes de l’Ukraine. 15 militants de cette organisation ont été transférés à Zaporijjia et y restent en garde à vue. Il s’agit de Andrii STEMPITSKYI, Stepan BYCHEK, Anatoly ONUFRIICHUK, Vasyl ABRAMIV, Pylyp TARAN, Vasyl LABAICHUK, Ihor ZAHREBELNYI, Oleksii ZANUDA, Vitalii VYSHNIUK, Yurii HUDYMENKO, Roman KHMARA, Yurii PONOMARENKO, Viktor DAVYDENKO, Eduard ANDRIUSCHENKO et Artem TSYHANOK.

Conformément à la loi, les actes commis par les militants du mouvement Tryzoub pourraient être qualifiés d’infraction qui a causé des dommages aux biens personnels, mais on ne peut pas les qualifier de délit au sens de l’article 296 du Code pénal. L’article prévoit la responsabilité pénale pour « hooliganisme défini comme une violation flagrante de l’ordre public commise par manque de respect à la société avec le cynisme le plus scandaleux ou exceptionnel. » Donc, pour qu’un acte soit qualifié comme un acte de hooliganisme, il faudrait qu’il aille à l’encontre de la morale publique, c’est-à-dire soit un acte immoral.

Dans ce cas, il n’est pas du tout clair qui a moins de respect pour les principes sociaux et moraux : celui qui érige un monument à l’honneur du responsable de l’assassinat des millions d’Ukrainiens ou celui qui a endommagé ce monument ?

Le gouvernement et le Ministère de l’Intérieur de l’Ukraine ont appuyé les Staliniens ce qui répond à leur politique sociale. Les fonctionnaires de ce Ministère non seulement protègent ceux qui ont érigé ledit monument en honneur d’un tortionnaire par excellence et d’un ogre inouï, mais aussi imitent celui-ci dans leur comportement avec une extrême cruauté.

Les militants du mouvement Tryzoub interpellés ont été longtemps détenus sans nourriture et vêtements chauds par un temps froid. On leur ne permettait pas de rencontrer leurs avocats et ils font l’objet de pressions physiques et psychologiques. On pratique l’intimidation à l’égard des parents des militants détenus pour qu’ils ne fassent pas de battage autour de l’interpellation de leurs enfants.

Tout le monde souffre de persécutions : journalistes, hommes d’affaires, avocats, blogueurs, militants de divers organisations et partis politiques. Des protestations massives ont lieu à travers le pays plusieurs fois par semaine pour soutenir les militants arrêtés, pour exiger des autorités à mettre fin aux répressions et à la politique de terreur socio-économique contre les Ukrainiens (dans les domaines fiscal, foncier, ceux du logement, du travail, des retraites, des services publics, de l’éducation), pour exiger la démission du gouvernement et des élections législatives et présidentielles anticipées. Les autorités s’efforcent donc de faire leur possible pour supprimer tout mouvement d’opposition au sein du peuple ukrainien.

Nous croyons pouvoir affirmer que les militants du mouvement Tryzoub interpellés ont été torturés. Il faut souligner que les cas de tortures ayant entraîné la mort des détenus sont devenus très fréquents au sein des structures relevant du Ministère de l’Intérieur l’année dernière. En fait, plus de 50 personnes sont mortes dans des commissariats de police l’an dernier. Selon les estimations sociologiques, 604 000 Ukrainiens ont été victimes de violence illégale dans les services de l’intérieur en 2009 alors qu’en 2010, leur nombre s’est élevé jusqu’à 790 000. Les défenseurs des droits de l’homme ont évalué que la police ukrainienne commet des violences illégales toutes les 40 minutes.

Ce n’est même pas la période dite de « koutchmisme » qui est de retour en Ukraine, c’est bel et bien la Grande Terreur des années 1937-1938, la stalinisation, avec ses répressions, sa politique antipopulaire, son mépris des droits de l’homme et même de la vie humaine.

L’incident avec les militants du mouvement Tryzoub interpellés est un exemple frappant de tels crimes contre l’humanité. On peut ne pas partager leur point de vue, mais personne n’a donné aux policiers le droit de violer la Convention européenne des droits de l’homme, la Constitution et les lois de l’Ukraine.

Nous sommes persuadés que seule une réaction appropriée et immédiate de la communauté internationale peut nous aider à sauver l’Ukraine de la destruction, de l’instabilité et des efforts entrepris pour y instaurer une véritable dictature, néfaste tant pour l’Ukraine que pour l’Europe.

Sincèrement, Association panukrainienne Stepan BANDERA

Переклад французькою. Первотвір: ЗВЕРНЕННЯ ДО МІЖНАРОДНОЇ СПІЛЬНОТИ